Végétarienne : mon histoire


4% de végétariens en France en 2018.


Depuis quelques années, le phénomène semble en augmentation mais les chiffres restent faibles malgré une hausse du "flexitarisme", du marché végétarien (+24% en 2018) et une société française de plus en plus ouverte sur le sujet.


J'avais envie de vous partager mon histoire car au-delà des arguments pour la planète, la santé ou le bien-être animal,

il y a des émotions et une question sociale et personnelle indéniable.


Si vous êtes végétarien(ne), fléxitarien(ne) ou omnivore et que vous vous posez des questions sur tout ça, n'hésitez pas à exprimer votre point de vue et votre ressenti en commentaires ; j'aurai plaisir à vous lire et échanger ensemble !

  1. Quand et comment cela a débuté ?

  2. Pourquoi être végétarienne ?

  3. Le végétarisme et les autres dans tout ça

  4. Les nuances : écouter son corps, l'alimentation intuitive, le cas du poisson...

  5. Pour aller plus loin..

N. B. : ceci est mon ressenti et n'engage que moi, je sais très bien que certaines personnes peuvent être en désaccord avec ce que je vais avancer ici.

Merci pour votre compréhension 😉



Quand et comment cela a débuté ?



Du point de vue de notre histoire personnelle, nous ne sommes pas tous égaux face au végétarisme.

Lorsque l'on a été élevé au steak haché du mercredi et au poulet rôti du repas de famille, pas facile d'entamer une transition végétarienne.

Ce n'est pas mon cas. J'ai toujours mangé varié à la maison et chez mes grands-parents : un régime méditerranéen qui fait la part belle aux végétaux.

Et puis, je n'ai jamais été une grande amatrice de viande durant les 24 premières années de ma vie (mais bien plus de poissons et fruits de mer pour le coup..)


Pourtant, je n'ai pas été végétarienne du jour au lendemain et ma transition a été progressive.

Mon dernier morceau de viande rouge remonte à l'été 2016 même si j'avais considérablement diminué la viande depuis début 2015.

Étudiante, je consommais un peu de tout et n'importe quoi : des sandwichs sur le pouce à midi, des McDo en soirée..bref pas 100% junk food car j'avais toujours des légumes dans mon frigo mais quand même une bonne adepte du cordon bleu/gnocchis à poêler..



Mon envie de (re)végétaliser mon alimentation a commencé en 2015 lorsque je suis partie à Paris pour mon Master 2 en alternance.

J'étais étudiante en développement durable et j'ai pris pleinement conscience de l'impact de mes choix alimentaires sur ma santé et l'environnement.

En travaillant, je me disais que je pouvais "enfin" me permettre d'acheter bio (oui, à l'époque je pensais qu'acheter des légumes bio coûterait plus cher que d'acheter industriel).

J'ai aussi commencé à m'intéresser de près à la nutrition afin de soutenir ma pratique sportive de l'époque (natation, danse africaine, fitness..).

Je décide donc d'arrêter d'acheter de la viande (je continue à en manger quand je suis invitée ou au restaurant), je m'abonne à un panier de fruits et légumes et je consomme biologique dès que possible.

Je n'ai pas eu le déclic du jour au lendemain, on parlait encore peu de tout ça en France et on avait moins de personnes proches qui entamaient cette démarche.

Excepté ma petite soeur qui n'aimait pas vraiment la viande et en mangeait très peu, le végétarisme était peu présent autour de moi.

En 2016, j'arrête donc de manger de la viande mais j'attendrai 2019 pour arrêter le poisson et les fruits de mer (j'en reparlerai plus loin).



Pourquoi ?


Je ne choisis pas de rentrer dans les détails car je souhaite davantage parler de l'aspect social et émotionnel d'une telle alimentation mais il me paraît évident d'aborder tout de même la question.


La planète


Nous sommes nombreux à nous demander comment agir à son échelle pour l'environnement quand on voit la non action collective que ce soit au niveau des organisations internationales, Etats ou entreprises..


Pourtant, il existe une action individuelle vraiment impactant : arrêter (ou significativement réduire) sa consommation de viande.




Quelques chiffres :

  • En 2013, l'élevage de bétail dans le monde était responsable de 15% des émissions de gaz à effet de serre (soit 7 milliards de tonnes de C02 par an), plus que les Etats-Unis et la France réunis.

  • La production de viande est très consommatrice en eau : 1kg de boeuf produit demande 14 000L d'eau, 1kg de poulet 4000L d'eau VS 1400L pour 1kg de riz ou 700L pour 1kg de pommes.

  • Alors que 2 milliards de personnes souffrent de sous-nutrition dans le monde, près de 40% des céréales produites dans le monde servent au bétail.

  • La FAO estime que 70% des terres agricoles mondiales sont destinées au bétail (pâturage ou céréales pour les nourrir) et le manque de terres disponibles pousse à la déforestation (90% des terres "récupérées" en Amazonie sont destinées à l'élevage.)

Je vous invite à lire le rapport "Faire sa part" (cf. sources) pour comprendre en quoi, en tant que français, le passage au végétarisme réduit à lui seul de 10% votre empreinte carbone personnelle.

"C’est bien simple, au niveau individuel, le fait d’adopter un régime végétarien est, en moyenne pour un Français, l’action de réduction des émissions de gaz à effet de serre la plus efficace."

La santé


En 2015, L'OMS a classé la viande industrielle et les charcuteries cancérogènes groupe 1 (au même titre que l'amiante ou la cigarette) et la viande rouge "probablement" cancérogène.

Ainsi, chaque portion de 50 g de viande transformée consommée quotidiennement augmenterait de 18 % le risque de cancer colorectal.



Globalement, l'alimentation occidentale moderne riche en graisses transformées et en produits d'origine animale entraîne une augmentation des maladies chroniques comme l'obésité, le diabète, les maladies cardio vasculaires et les cancers.

Il n'y a pas que la viande rouge à incriminer et ces questions sont de santé publique quand on voit l'explosion des ces maladies en Occident.

Les poulets de batterie sont injectés d'eau salée (trop riche en sodium) sans parler des antibiotiques ; le poisson sauvage est gavé de BCP et mercure et celui d'élevage d'antifongiques.. Je pourrai aussi vous parler des produits laitiers mais vous avez compris l'idée..


20 à 25% des cancers en France sont imputables aux comportements alimentaires et même si la viande n'est pas 100% responsable, toutes les publications de santé tendent à recommander une réduction de la consommation carnée pour diminuer l'inflammation de l'organisme.



Le bien-être animal


3 millions d'animaux tués chaque jour en France, ce sont les chiffres.


On peut remettre en question leurs pratiques mais qui n'a pas été choqué en regardant les vidéos d'abattoirs de L214 ? On peut nier, vouloir détourner le regard mais les faits sont là.


Beaucoup de personnes se tournent vers le végétarisme/végétalisme pour ces questions mais pour être tout à fait honnête ce n'est pas mon cas à l'origine.

Pourtant, force est de constater, que si je devais tuer moi même ma poule ou mon cochon pour me nourrir, j'aurai été végétarienne depuis longtemps.

Un long voyage en Asie et mon chemin vers plus de spiritualité dans ma vie m'a fait voir le vivant d'une autre manière..


Aujourd'hui j'ai beaucoup plus d'empathie pour les animaux.

Dans chaque être vivant je me retrouve et je pense que nous devons tous considérer notre rapport aux animaux différemment. Je ne suis pas forcément pour un monde 100% végétarien pour un tas de raison mais revenir à un élevage raisonné et paysan où nous respectons les animaux est pour moi une nécessité.